• J'ai appris la mort de Rémi hier... On ne peut pas dire que ça m'a fait vraiment quelque chose. J'arrive à un âge où j'ai déjà eu plusieurs morts dans mon entourage, certains bien plus jeunes ou plus proches que Rémi. En vrai, je n'ai rien ressenti du tout. Peut-être si, peut-être juste le soulagement de me sentir moins seule avec mes doutes et mes angoisses sur le temps qui passe et ma difficulté à être adulte. A accepter la vie de compromission que c'est. Un étrange sentiment de proximité avec ce Rémi que je ne connais que de loin. Quand j'avais 20 ans, il y a plus de quinze ans donc, Rémi, c'était la star. Le gars capable de poser dans les magazines de mode tout en enchaînant à vue des voies d'escalade en solo. Le type beau, très beau, version gravure de mode, il finançait ses sorties d'alpinisme en posant torse nu pour des marques de parfum ou de fringue. Mannequin et alpiniste, courageux au-delà du possible, voire téméraire. ses exploits passaient de bouche à oreille dans les vestiaires de la salle d'escalade que je fréquentais alors, et c'était toujours avec un mélange d'admiration, voire de fascination mêlé à des reproches plus graves "inconscient, fou, téméraire". Voilà ce qu'on disait de lui derrière. Mais devant, tout le monde se taisait. Personne ne lui a jamais signalé de vive voix les fois où il dépassait les lignes jaunes, voire les lignes rouges du risque vital. Ca faisait partie du jeu, de son jeu. Rémi, quand il grimpait, il y avait toujours une espèce de silence autour de lui qui s'installait, tout le monde le regardait bouche bée. Apollon, c'était lui. Il ne m'a jamais attirée. Trop parfait, trop distant, trop inaccessible. Toujours au bras de nana au physique de mannequin. Aucune chance pour moi. Et puis quelque chose de distant, de lointain dans le regard. Peut-être que je dis ça maintenant après coup, comme on cherche toujours des explications  à un fait à priori incompréhensible. Peut-être qu'à l'époque, il était vraiment heureux. Je ne le crois pas. je ne crois pas qu'on se lance de tels défis, escalader des montagnes en solo, par hasard. Bref, Rémi s'est pendu dans son jardin il y a quinze jours. Il avait fini par se ranger: un travail bien rémunéré, deux filles, une belle maison avec jardin, une femme magnifique, toujours autant de passions sportives. Et ce n'est pas de la littérature pour dire, je n'exagère rien à l'aura du personnage, à ses performances en montagne, ni au fait qu'il avait tout pour être heureux.  Et Rémi s'est pendu à 37 ans pour une banale histoire de discorde avec ses beaux-parents. Je n'en saurai pas plus, je n'étais rien pour lui. Et je n'arrive pas vraiment à être triste ni étonnée. Je n'ai pas été proche de lui, je n'en connaissais que la légende, les dépressifs s'évitent plus qu'ils ne s'attirent, inquiets de percevoir son double en miroir dans les yeux de l'autre. Je n'ai jamais rêvé de Rémi ni de ses exploits, lui préférant un garçon plus terre à terre. Je pense à sa femme, à ses filles, qui doivent tellement se poser de questions, culpabiliser peut-être, alors qu'elles n'y sont pour rien. Il me semble qu'une partie de moi le comprend au millième degré sans avoir le courage de jamais en faire autant. Les mots que l'on peut poser sur ce choix semblent si absurdes, si ridicules. Rémi est mort, une légende de la montagne a disparu bêtement, ceux qui le connaissaient disent tous unanimement, je pensais que ça se serait passé en montagne. Mais non, au fond de son jardin où ses filles font de la balançoire. Merde Rémi quoi.... Merde, et qui sera le prochain? 


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  • Je suis trop jeune pour mon âge.

    Trop jeune pour mon âge parce que j'ai du mal à me résigner. Trop jeune pour mon âge parce que j'ai du mal à m'intéresser aux sujets de conversation des adultes. Trop jeune pour mon âge parce que j'ai toujours l'impression que je peux tout envoyer en l'air, tout larguer pour un nouveau départ. Trop jeune pour mon âge parce que je sens encore cette lumière, cette énergie qui vous pousse à prendre des décisions totalement aberrantes pas si loin derrière moi. Trop jeune pour mon âge parce que je peux prendre des billlets d'avion sur un coup de tête après avoir réfléchi une minute trente. Trop jeune pour mon âge parce que je ne sais jamais ce qu'il reste sur mon compte en banque. Trop jeune pour mon âge parce que j'aimerais avoir tout le temps vingt ans. Trop jeune pour mon âge parce que je porte un Eastpeak sur une seule épaule et met ma casquette à l'envers et mon fils se fout de ma gueule et me dit que je suis pas une ado. Trop jeune pour mon âge car il m'arrive encore de paniquer quand j'ai mes règles et de m'en foutre de partout. Trop jeune pour mon âge car j'attends toujours l'avis de mes parents avant de prendre une vraie décision. 

    Je suis trop vieille pour mon âge.

    Trop vieille pour mon âge parce que je suis déjà morte plusieurs fois. Trop vieille pour mon âge parce que j'ai eu plusieurs vies qui n'avaient rien à voir entre elles. Trop vieille pour mon âge parce que ces vies là sont cachées dans les méandres de mon cerveau prêtes à ressurgir. trop vieille pour mon âge parce que je n'ai pas lu un livre avec une idée nouvelle depuis au moins dix ans. trop vieille pour mon âge parce que je ne parviens pas à m'enthousiasmer. Trop vieille pour mon âge parce que je ne parviens plus à pleurer devant un livre ou un film, tout me semble dix fois moins violent que la vie en vrai. Trop vieille pour mon âge parce que je suis un coeur de pierre et je n'arrive plus à aimer vraiment. Trop vieille pour mon âge parce qu'il m'arrive de souhaiter la fin. Trop vieille pour mon âge parce quand je vois des jeunes couples amoureux, je sais bien que cela ne m'arrivera jamais plus. Trop vieille pour mon âge car je suis plus souvent triste et en colère que joyeuse. Trop vieille pour mon âge car quand je vois les vieux qui écoutent d'un air distrait et de moins en moins intéressé les conversations humaines, je les comprends, car j'ai déjà tout vu et tout entendu. 

    Pardonnez moi, j'ai 37 ans. 


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  • Jusqu'à hier, je ne connaissais pas André Stern. En fille du peuple naïve et conformiste, j'imaginais que les enfants devaient aller à l'école. Qu'il s'agissait d'une obligation si ce n'est légale, tout au moins logistique. D'abord parce que je travaille et mon conjoint aussi et qu'est-ce qu'ils auraient bien pû faire seuls à la maison? C'était déjà bien assez compliqué de gérer pendant les vacances....

    Et puis hier, par le biais d'amis bien intentionnés, j'ai découvert André Stern. Le type qui n'a jamais été à l'école de sa vie et a quand même réussi sa vie,  en pratiquant des tas de professions qu'aucun de mes amis ni de mes connaissances ne pratique ... et qui font rêver... journaliste compositeur chercheur et... conférencier.

    Et André Stern de me rappeler qu'un enfant apprend bien mieux par le jeu qu'à l'école. D'ailleurs, lui même, avec son enfant, ne fait que jouer... Alors là je t'arrête tout de suite André Stern, parce que moi, mon problème numéro 1 justement, c'est que numéro 1 ne joue pas, mais pas du tout... Même pas dix minutes dans sa chambre. Non, numéro 1, si on lui demande de jouer, va au choix 

    - se coller dans mes pattes et dire "je m'ennuuuuiiiiiiieeeeee"

    - prendre une balle rebondissante et la balancer le plus fort possible dans toute la maison

    - réclamer l'ipad, ou la télé, ou n'importe quel écran, non il n'est pas habitué, non nous n'avons jamais cédé plus de deux heures par semaine, mais voilà....

    Bref, déjà, c'était mal parti à l'origine entre André Stern et moi étant donné qu'apparemment, nous n'avons pas du tout le même enfant à la maison, et c'est peut-être ça le problème avec les enfants ma bonne dame, c'est qu'ils sont tous différents. ou que j'ai merdé quelque part, OK, je le concède.

     

    Bref, André Stern est contre l'école. Et il n'est pas le seul. C'est devenu une vraie mouvance  dans les cercles de parents trentenaires, ôter au plus vite leur enfant de l'école, les éduquer seul, ou par des précepteurs, ou....

    Bien bien.... Nous voici donc revenu à un système de classes sociales où les plus riches se payent le luxe d'une éducation à domicile (même si c'est la femme qui l'effectue, moins souvent le conjoint, il faut que le salaire soit conséquent pour faire ce choix).

    Idéal pour ne pas fréquenter les gosses du peuple mal éduqués qui hantent nos écoles publiques. Idéal pour vivre un peu plus dans un entre-soi utopiste où tout le monde ayant eu la même éducation élitiste, la même culture, le même milieu social, tout le monde est d'accord.

    Idéal pour condamner une nouvelle fois l'école publique à nouveau accusée de tous les mots, laisser aller, rigorisme, vieille France, tue l'imaginaire de l'enfant etc etc...

    Ce qu'André Stern oublie de rappeler, c'est que son père était chercheur en pédagogie reconnu et qu'à cet égard, il n'a pas bénéficié des mêmes conditions de vie et d'apprentissage que les enfants lambdas. Dont font partie les miens. Ce qu'a oublié de précisé André Stern, c'est que ce style d'éducation n'est accessible qu'à l'infime partie de la population qui peut se passer d'un deuxième salaire et ou avoir des précepteurs à domicile. Donc André s'est contenté de reprendre la boîte de papa, il n'a pas "réussi" ex-nihilo comme il tente de nous en convaincre.

    J'ajoute le léger mépris de classe ressenti à l'écoute de ses conférences envers le brave agriculteur "tellement fier que l'on s'intéresse à son travail qu'il appelle à 7 heures du matin" (heure à laquelle André Stern dort, bien entendu, rire sous-jacent de l'assistance partageant l'effroi d'être réveillé à une telle heure - mais quel métier font-ils? sans doute pas agriculteur, ni éboueur, ni femme de ménage, ces métiers où on se lève tôt pour gagner peu ). Quant à la caissière du magasin de jouets, qui déconseille l'achat d'une voiture de collection à un enfant de trois ans, elle est moquée et conspuée comme une femme dominée par les angoisses et préjugés du vulgus. Le fils de bonne famille lui, peut jouer dès trois ans avec des voitures de collection sans les détruire, bien entendu!

    Je n'étais sans doute pas dans la cible. Je constate chaque jour les problèmes et les dérives de l'école publique, et même parfois de l'école privée, je sais que dans les écoles où je travaille, les enfants d'André Stern auraient les côtes cassées pour avoir le patronyme de Stern.

    Ce n'est pas tant l'idée de revenir à une école différenciée qui me contrarie: les pauvres à l'école publique, les assez riches à l'école privée, et l'élite en pédagogie innovante à la maison ou dans des écoles Montessori hors contrat. Ce qui me répugne, c'est de cacher tout cela derrière de pseudo théories pédagogiques fumeuses, telles que "l'enfant apprend mieux en jouant", "l'école tue l'imaginaire des enfants", "l'enfant est naturellement ouvert sur le monde, c'est à l'école qu'il se renferme", " l'enfant doit aller à la recontre du Moonnnde" -  pas à la rencontre des autres enfants de son quartier, trop facile - sans voir qu'en réalité on prône une éducation à deux ou trois vitesses.... En se cachant derrière des idées pédago lumineuses au lieu d'assumer qu'on n'a aucune envie de voir traîner ses gosses dans la Zup du quartier. 

    C'est sans doute l'art de l'élite de dissimuler habilement sous des mythologies et des effets de langages des projets politiques et sociaux qui favorisent sa caste. Maîtrisant tous les codes langagiers de sa caste, l'ironie, le lyrisme, le cynisme, se basant sur des références culturelles élitistes, André s'attaque implicitement aux  parents du peuple stupide qui n'ont pas d'autre choix que de mettre leur gosse à l'école. Bientôt, dans les CV des futurs cadres dirigeants, la mention "home schooling" servira autant de référence qu'un MBA côté d'une grande école de commerce. Bientôt l'élite refusera de payer pour une école publique obsolète qu'aucun de leurs enfants ne fréquente, et la mode américaine des petits clubs privés d'éducation pour riches - ce que sont déjà  les grandes écoles priées - fera fureur aussi en France.

     

    Merci André, mais mon fils continuera à aller à l'école publique -tant qu'elle existe, tant qu'il ne s'y fait pas casser de côtes -  qui n'a pas encore tout à fait tué son imaginaire... 

     

     


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  • A ma fille.

    Depuis ta naissance, tant de gens penchés sur ton berceau et l'attente, l'attente de savoir de quelle couleur seront tes yeux. La stupide attente. Déjà au début, les doutes et les interrogations, trop foncés tes yeux, trop de gris, pas assez de bleu, ça pouvait mal virer. Puis tes yeux gris verts, puis gris jaunes, puis marrons... Tes yeux caméléons, qui changent selon la lumière, la météo, le mois, le jour qu'on est. Elle aura les yeux verts, me garantit-on, puis la semaine suivante, avec une pointe de déception et de surprise, mais non, ils sont marrons. Quels beaux yeux bleus, me glisse une vieille dame dans la rue, ah mais non, ils ne sont pas bleus, pas bleus, ah oui, c'est vrai, pas tout à fait mais avec cette lumière, j'ai cru que.... Comme si seuls les yeux bleus pouvaient être beaux... Et puis tes yeux gris quand le temps se couvre, et tes yeux verts quand la lumière donne dans les arbres, tes yeux bruns quand tu es à la maison, tes yeux jaunes quand tu te tournes vers la lumière. Tes yeux multicolores qui épousent la lumière du monde mais qui non,  ne sont pas bleus. Mais finalement, oh mon dieu, catastrophe, cataclysme, mais ces yeux, ils sont marrons en fait, l'impensable, avec une mère aux yeux bleus et un père aux yeux verts!  Tes yeux caméléons ma chérie, tes beaux yeux caméléon, ne laisse jamais personne les définir ; moi, j'étais la blonde aux yeux bleus, forcément stupide, forcément gaffeuse, forcément voulant plaire mais n'y arrivant pas tellement. J'étais la blonde aux yeux bleus et chaque jour je devais rire aux blagues graveleuses sur les blondes et encaisser les préjugés quand j'étais au travail ou au volant de ma voiture et ceux quand j'étais au lit et.... Et j'ai fini par être la blonde aux yeux bleus qu'on me disait d'être, j'ai fini par être stupide et par vouloir plaire et par me planter au boulot par manque de confiance en cette blonde aux yeux bleus forcément stupide et gaffeuse et par me planter en voiture parce que c'est ce que font les blondes après tout, je le lisais dans le petit sourire en coin du mécanicien à qui j'amenais ma caisse, ma caisse toute rayée évidement, ma caisse de blonde aux yeux bleus forcément mince et gentille, trop gentille, forcément mince et qui accepte les blagues en souriant, en riant même parfois, parce que la blonde aux yeux bleus est trop bête pour les comprendre n'est-ce pas. Et la séduction lourdingue qu'il me fallait supporter, qu'il me faut encore supporter parfois malgré mon statut un peu plus respectable, persuadés qu'ils sont que la blonde aux yeux bleus n'attend que ça, évidement...

    Alors ma chérie, garde tes yeux arc-en-ciel et ne sois jamais la blonde aux yeux bleus et à ceux qui seront déçus de tes yeux bruns, de tes yeux marrons comme la terre, rappelle leur que tu es autre chose qu'une couleur d'yeux, que tu n'es et ne seras jamais ce qu'ils veulent te coller sur le front.

    De la blonde aux yeux bleus pour sa fille aux yeux marrons. 


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  • Eh bien je ne sais pas.....

    Je me souviens avoir posé cette question là à mes propres parents qui étaient dans la quarantaine. Mon père m'avait répondu, avec optimisme, c'est à l'âge qu'on a. parce qu'il faut être heureux tous les jours de ce qu'on est, de ce qu'on a. Bref, mon père a quarante ans était beaucoup plus sage et plus heureux que moi. Et il me paraissait aussi beaucoup plus vieux et beaucoup plus adulte. 

    M'enfin.

    Du haut de mes presque quarante ans, moi, je ne sais toujours pas. Je pense avoir été heureuse enfant comme le sont les enfants, heureuse du présent, de ne pas sentir encore le temps qui passe sur les épaules, mais j'imagine que j'avais déjà des tracas, l'école où j'étais trop timide, mes frères et soeurs qui étaient plus réussis que moi, l'envie de pleurer pour rien parfois déjà. 

    Alors je rêvais à l'avenir, au futur, un avenir où je serai enfin grande, adulte, épanouie. Je voulais une maison avec des chevaux au bord de la mer, être vétérinaire et écrivain, avoir trois enfants, un mari, partir en vacances très très loin, faire du cheval tout le temps...

    Je voulais tout ça.

    Maintenant adulte, je le suis. Et il y a toujours cette enfant qui hurle en moi. La grande maison, je ne l'ai pas, pour sûr, et probablement jamais, et quand bien même je l'aurais, je n'y vois plus tant d'intérêt. le travail, raté, je ne suis ni vétérinaire ni écrivain, là-dessus, on peut dire que je me suis plantée sur toute la ligne, mon travail m'ennuie, n'est pas désagréable mais sans intérêt la plupart du temps. Pourtant, il m'a fallu lutter des années pour l'avoir. C'est un emploi de bureau moyennement utile à la société et au progrès comme tant d'autre, mais je dois bénir chaque jour ceux qui ont eu la malchance de m'employer et remercier chaque heure ma directrice car je pourra aussi être au CHOMAGE, le grand le vilain chômage bien pire parait-il qu'un travail inutile et ennuyeux.

    Je suis dans la bonne case, femme active avec des enfants, en société je suis jaugée rapidement, "femme active avec des enfants", plus facile à porter que femme active sans enfant ou femme au foyer avec enfant, même si ce travail est bofbof et me rapporte à peine ce que je pourrai toucher en allocs, même si les enfants sont mal éduquées et me tapent sur les nerfs, je suis dans la bonne case.  "Femme active avec des enfants". Je suis dans la bonne cas mais la petite fille n'est pas contente, elle voulait un travail passion, pas "ça", pas un emploi comme un autre routinier et ennuyeux, elle voulait l'aventure tous les jours et aussi partir au bout du monde et aussi... La petite fille n'est pas contente de la vie que je me suis faite à force de maladresse et de renoncements, je ne sais plus trop. 

    Et puis petite fille, ton plan il était bidon, tout bidon même, parce que faire tout ça à la fois, ben désolée mais moi je peux pas...

    Surtout depuis que j'ai les enfants.... Bon, là où je me suis plantée aussi  ce que je n'en ai pas 3, que 2, et que je les trouve déjà bien assez épuisant, et que je ne vois pas ce que je pourrai faire d'un en plus vu que la maison je ne l'ai pas et le cheval non plus d'ailleurs.

    Je continue à monter à cheval par contre. Pas régulièrement, pas si souvent, pas avec passion, un peu comme une routine, pour dire à la petite fille qu'il y a en moi, tu vois, je ne t'ai pas oubliée, tu vois, je n'ai ni la maison, ni le bon travail, ni les 3 enfants, ni le cheval à moi mais je ne t'ai pas oubliée.

    Je sais que je la déçois cette petite là, peut-être était elle trop gâtée par la vie, trop exigeante, trop impétueuse, peut-être juste trop naïve et pas assez lucide mais je l'ai trahie tellement de fois. Elle doit être morte de tristesse et de déception cette petite fille là.

    C'est l'histoire d'une petite fille en moi que chaque jour je déçois. 


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