• Je mets le titre en anglais, un peu pour frimer (mais je ne suis pas sûre de l'ortho de deaf donc un peu seulement), et beaucoup car la traduction du titre est vraiment niaise: La vie en sourdine nous prive de cet humour percutant et des jeux de mots propres au style de Lodge. Découvert avec intérêt la semaine dernière grâce à Thérapie, je n'ai pu résister au plaisir d'acheter le récent opus de Lodge.

    Que dire?

    Un livre qui fait rire à chaque page et pleurer à certaines (mais pleurer au sens propre, de vraies larmes), épatant, inoubliable. Nombreux sont les écrivains qui perdent l'inspiration avec l'âge ou écrivent des livres plus sombres, mais Lodge, c'est l'inverse, son tour de force est de faire rire avec ce qui devrait faire pleurer. Le vieillissement est présenté avec une  ironie mordante, donne lieu à des situations hilarantes décrites d'une plume acerbe. Le tout relevé par un suspens croissant au fil de l'intrigue, et une construction narrative admirable.

    Et puiis des phrases qui prêtent à sourire:

    "Ne restait qu'à savoir si je serai totalement sourd avant d'être totalement mort ou l'inverse." (jeu de mot sur deaf/death en anglais)


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  • "Ma journée avait commencé... En réalité, elle n'avait jamais terminé."

    S'en suit un portrait très réussi d'un jeune père en pleine action (mise de couche), qui m'a fait rire aux éclats... Personne n'exprime si bien que Doug Kennedy le désarroi de découvrir "le paquet" en plein coeur de la nuit, après un mois d'insomnie... 

     Le livre continue très fort avec un portrait au vitriol du WASP et de l'Amérique. Ce sont les pages que je préfère, très drôles...

    Puis, le suspens se met en place, rebondissement à chaque page, art du récit, le talent est au rrendez-vous à chaque phrase!


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  • Humour anglais sur nos petites névroses d'occidentaux gâtés par la vie.

    La phrase que j'ai préférée:

    "Il était hospitalisé pour l'opération d'une hernie et personne ne s'était encore occupé de lui. il devait être tombé dans une sorte de trou noir du système."

    David Lodge reste un maître du roman humoristique à l'anglaise.

    Ses personnages empêtrés dans leurs problèmes d'occidentaux (thérapies, relations conjugales foireuses, angoisses existentielles) nous rappellent cette phrase de Chabrol:

    Ce qui m'intéressait avant chez les bourgeois, c'est qu'ils se fabriquaient des problèmes de cul car ils n'avaient pas de problèmes de fric. Aujourd'hui, ils ne pensent plus qu'au fric.


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  • Difficile d'avouer qu'on aime bien Beigbeder.... Encore plus difficile lorsqu'on a fait des études vaguement littéraires et qu'on s'est penché sur les textes classiques un certain nombre de fois (mais on s'est relevé après tout de même...) Encore encore plus difficile lorsque l'on a exercé pendant cinq ans la profession de prof de français... (Réactions si l'on tente le mot de Beigbeder en salle des profs: "Ah non, mais là, nous, on parle de littérature...") Et pourtant...
    Allez, je fais mon coming-out: j'adore Beigbeder!
    Pourquoi, parce qu'il me fait marrer, tout simplement...
    Alors certes, son personnage de dandy blasé est fatiguant, certes, c'est un as du marketing et il n'a besoin de personne pour faire sa pub (c'est pour ça que je fais des éloges d'ailleurs, car dire du mal de Beigbeder est le meilleur service que l'on puisse rendre à sa cagnotte personnelle, la preuve, il le fait lui-même sans cesse!), Mais!
    Beigbeder est aussi un génie de l'écriture type vingt-et-unième siècle: phrases qui vous décapitent en trois virgules, portraits aux vitriols des travers de nos sociétés, intrigues à priori plates mais pour mieux exprimer la platitude de l'existence...
    Oui, j'aurai bien aimé consacrer une thèse à Beigbeder, je pense qu'il y a beaucoup à en dire mais je n'ai pas trouvé de directeur intéressé, bizarre...
    Rappelons qu'il y a seulement vingt ans, des parents bien intentionnés venaient se plaindre que l'on étudie Céline en faculté... Je vois d'ici venir le jour où la Sorbonne affichera son premier cours sur "Représentations du système capitalisme au travers du style Beigbedien" ou encore: "L'art publicitaire comme nouveau principe de conception créative"...
    Mais revenons à nouvelles sous extasy, jubilatoires tout simplement! Du bon vieux Beigbeder truffé de phrases percutantes comme des slogans:

    "Redeviendra-t-il un fils à papa blasé comme son goût pour les chapeaux, les boucles d'oreille et les révolutions marxistes semblerait l'indiquer?"

    J'adore cette phrase!


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