• Avoir des enfants... ou pas

    C'est je pense la question la plus brûlante pour tout trentenaire qui se respecte; Avoir des enfants ou pas.

     

    Un petit condensé de la vie avec enfants / sans enfant à partir d'observations très personnelles.

     

    Avec enfants. 

    Tu renonceras à la plupart des passions que tu pensais faire partie de ta personnalité pendant au moins 5 à 10 ans. Mais tu auras l'impression d'avoir un statut, une place dans la société bien pratique, tu es mère ou père de famille, tu jouis de quelques avantages financiers (impôts, CAF) qui te permettront de faire assumer ta progéniture autant aux autres qu'à toi même. 

    Tu auras l'impression d'être enfin "adulte", on t’appellera madame dans les magasins, même si tu as 25 ans.

    Tu regretteras souvent ta vie d'avant mais tu ne pourras pas le dire. Alors tu te vengeras en décourageant toutes les jeunes femmes enceintes dans ton entourage, en détaillant les nuits apocalyptiques et les couches à changer et la crise des deux ans, alors qu'en vrai, la seule chose difficile, c'est de devoir penser à quelqu'un d'autre qu'à soi même.

    Un jour tu te regarderas dans la glace et tu ne te reconnaîtras plus, par contre, tu reconnaîtras parfaitement ta mère, ton père dans tous tes propos qui sortent de ta bouche sans même que tu y fasses attention.

    Tu pourras mesurer le nombre d'enfants que tu as eu à ton nombre de cheveux blanc qui s'avère proportionnel.

    Quand on t'invitera à une fête sans enfant, tu auras l'impression d'y aller tout nu et de ne pas savoir quoi dire, démuni sans tes faire valoirs bien pratiques pour monopoliser toutes les conversations.

    Tu auras souvent l'impression d'avoir une vie de merde, notamment dans le camping avec piscine surpeuplée d'enfants hurlants où tu loueras tous les ans un mobilhome du 1er au 15 aout alors que tu détestes la piscine et les gosses des autres. Ou quand tu étendras tes lessives à une heure du matin faute d'avoir eu le temps de le faire avant. 

    Tu auras des remords, des regrets, un peu de tout ça en même temps et puis des moments d'émerveillement total, de fierté et d'euphorie gagatisante.

    Tes enfants t'en voudront de ne pas être très accompli comme individu, d'être  râleur et toujours fatigué,  sans se rendre compte que c'est depuis leur naissance que tu es devenu comme ça.

     

    Sans enfant.

    Tu passeras ton temps à devoir justifier ton choix surtout si tu vis en couple, en famille, entre amis, etc.

    Tu devras supporter les enfants des autres, à moins de renoncer à toute vie sociale, et tu devras faire semblant d'aimer t'en occuper, d'aimer jouer avec eux.

    Tu te sentiras souvent vide et devant tes journées immenses, tu souffriras parfois de vertige, qui te conduiront à des hésitations grotesque entre te mettre au parapente ou au théâtre, rester sous la couette à regarder une bonne vieille série télé ou bien aller courir le trail du Mont-blanc.

    Tu as toute liberté pour te définir toi, telle que tu aimerais être, aussi tous tes échecs seront plus lourds à porter puisque tu ne pourras pas les faire assumer à une malencontreuse progéniture.

    Tu seras exclu(e) d'une bonne  moitié des conversations mais les gens seront  par contre hyper intéressés par ta présence, surtout si tu acceptes de les remplacer au boulot quand leur gamin a une otite ou si tu veux bien venir chez eux et  t'occuper des enfants!

    Tu te feras griller toutes les périodes de congé en vacances scolaire pas grave, c'est moins cher.

    Tu devras revendiquer ce choix de ne rien faire comme tous le monde comme un acte de bravoure, une position politique, trouver des arguments, enrichir ta pensée, alors qu'il s'agit juste de quelque chose que tu n'as pas trop envie de faire.

    Certains trouveront des arguments totalement aberrants pour te convaincre (la carte famille nombreuse de la sncf, les 10 jours de congé pour enfant malade); tu leur adresseras un sourire désolé, tu auras de la peine pour eux, tu penseras qu'ils ont une vie de merde. 

    Tu te sentiras beaucoup plus jeune que tous tes potes réunis. 

    Tu n'auras pas de cheveux blancs avant 45 ans.

    A 45 ans, tu connaîtras un coup de flip brutal et te demanderas si tu n'as pas raté ta vie. 

    Tu te consoleras en appelant tes potes parents qui te raconteront la crise d'ado de leurs gosses et tu seras soulagé d'échapper à tout ça.

    Un jour, tu te regarderas dans la glace et tu te rendras compte que tu as vieilli tout de même.

     

     

     

     


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